Démarche

Le Texte joue un rôle central dans mon parcours depuis mes débuts sur scène. Les textes, les miens et ceux des autres, j’ai commencé par les jouer et les chanter. Depuis que j’ai rejoint Les Souffleurs, commandos poétiques, je chuchote des poèmes dans l’espace public. Ce compagnonnage avec la poésie et la littérature me mène, au début des années 2010, à la lecture publique.

Je découvre alors le potentiel scénique de la lecture à voix haute en créant divers programmes, thématiques ou monographiques. Parfois, le texte littéraire cohabite avec d’autres types de textes, comme par exemple ce que Georges Pérec appelle le 3e secteur*. Souvent, les lectures s’enrichissent, et évoluent vers des formes plus collaboratives : je travaille entre autres avec une chorégraphe, un plasticien et des musiciens. La porosité des pratiques artistiques s’est donc imposée à moi comme une évidence : le texte lu a vocation à être sur scène, au même titre que les autres arts du spectacle.

Avec la Compagnie Les Intranquilles je cherche aujourd’hui à approfondir ce travail « textuel » et à en explorer l’infinie plasticité. Quelles formes nouvelles, hybrides, jailliront de la rencontre de la lecture à voix haute avec d’autres pratiques scéniques ?

 

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. « le 3é secteur […], c’est tout ce qui est écrit sans être considéré comme de la littérature et que cependant l’imagination manie et investit […]. En particulier les catalogues d’armes et cycles de saint-Etienne, La Redoute, etc., sont des livres de mille pages, à peine plus que La Vie mode d’emploi, qui atteignent des tirages encore plus considérables et sur lesquels les gens rêvent beaucoup. ».

G. Perec « Ce qui stimule ma racontouze… » entretien avec Claudette Oriol-Boyer – 1981 in La Pléiade